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ASSEMBLEE PROVINCIALE PROVINCE DU PROCHE-ORIENT 3 juin 2026

Elle s’est tenue à Ajaltoun (LIBAN) du 23 au 31 Mai 2026.
61 membres y ont participé en présentiel, et en ligne les membres de l’Iran et de la Terre Sainte et une Sœur de l’Egypte.
Le 23 Mai, il y a eu une journée de retraite animée par le P. Ramzi JREIGE, c.m. Visiteur de Proche-Orient.
Le 24 Mai a eu lieu l’ouverture de l’Assemblée par la Messe célébrée par le Père Directeur Antoine-Pierre NAKAD.
Un facilitateur : le Père Dany YOUNES, s.j. et une facilitatrice : Melle Valérie DAOU nous ont accompagnées tout le long de l’Assemblée.
La méthodologie du travail était La conversation spirituelle.
Le vendredi 23Mai, nous avons eu la joie d’accueillir le Nonce Apostolique du Liban, Mgr PAOLO BORGIA et son secrétaire.
Durant l’Assemblée deux soirées festives ont eu lieu et ont permis une belle détente communautaire.
A la MESSE de clôture, le 31 mai, Ma Sœur Visitatrice a offert un « remerciement » aux Conseillères et secrétaires qui l’ont accompagnée durant son mandat. A midi, au déjeuner, nous avons fêté ses 60 ans de vocation tout en la remerciant de son dévouement, sa discrétion et son attention fraternelle à toutes les Sœurs de la Province.

Ci-dessous l’homélie du P. NAKAD pour l’ouverture de l’Assemblée.



Homélie d’ouverture de l’Assemblée provinciale 2026
Ajaltoun le 24 mai 2026


Mes Sœurs,
« Artisans de paix et d’espérance ». Vaste programme et pourtant essentiel dans la vie de tout baptisé. Mais avant d’aller plus loin, arrêtons-nous un peu sur le sens biblique de chacun de ces termes.
L’artisan est un « faiseur », un ouvrier, quelqu’un qui ne craint pas de se plonger les mains dans la boue et l’argile pour créer une œuvre d’art. Et l’artisan parfait n’est autre que le Seigneur « qui fait toutes choses belles ».
Mais comment œuvrer à être artisan de paix si l’on n’est pas en paix avec soi-même ? Comment être en paix avec soi-même si l’on n’est pas en tant que baptisé en paix avec Dieu ?
Se pose à nous la question de savoir ce que signifie la paix. Pour Saint Augustin, « la paix est la tranquillité de l’ordre » ce qui revient à dire qu’être en paix c’est être en paix avec Dieu, avec soi-même, avec autrui avec l’existence et avec la vie.
Dans la bible, le mot shalòm, paix, se comprend comme bien-être, repos, sécurité, succès et gloire. Il est synonyme de salut et de bien : « Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut. » (Is 52, 7)
La paix de Jésus n’est pas celle du monde mais un rapport pacifié avec Dieu, afin de faire Sa volonté : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14 ;27)
Jean-Paul II disait dans son message pour la paix du 1er janvier 1984 que « La guerre prend naissance dans le cœur de l’homme. »
Sainte Thérèse d’Avila disait trouver la paix dans la prière : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, tout s’en va, Dieu demeure. Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, la patience tout obtient. Qui est en Dieu rien ne lui manque. Dieu seul suffit. »
Si la paix est d’abord un don de Dieu, elle est aussi une œuvre à construire.
« L’artisan de paix, selon Benoît XVI dans son message du 1er janvier 2013 est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. »
Nous pouvons reprendre aves Saint François d’Assise cette prière : “Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, là où est la haine, que je mette l’amour…
Là où est la discorde, que je mette l’union, là où est l’erreur, que je mette la vérité… » et « heureux les artisans de paix car ils seront appelés enfants de Dieu », lisons-nous dans Saint Matthieu (5,9).
Celui qui est artisan de paix sera appelé enfant de Dieu parce qu’il aura agi comme son Père et l’apôtre Paul est très sévère dans ses lettres envers ceux qui sèment le trouble et la division dans les Eglises. Si les enfants de Dieu ne sont pas des artisans de paix mais des fauteurs de trouble, quelle image de Dieu cela renvoie-t-il ?
Cette paix de Dieu nous responsabilise. Nous ne pouvons pas seulement la recevoir, même si elle nous est largement accordée par Dieu. Nous devons aussi la donner autour de nous, et c’est alors que nous serons heureux. Heureux d’accomplir la volonté de Dieu. Heureux de manifester un peu de l’amour et la paix de Dieu que nous avons reçus envers notre prochain
Dans son message « missionnaires de l’espérance parmi les peuples » pour la Journée mondiale des missions 2025, le Pape François souligne l’urgence pour les chrétiens de devenir des « artisans » d’espérance en suivant le Christ et en partageant sa Bonne Nouvelle au sein de la communauté mondiale.
Il appelle à la construction de la solidarité, au rejet de la culture du déchet et à l’écoute mutuelle pour un monde plus respectueux et fraternel : « le Seigneur poursuit sa mission à travers nous », dit-il. Le pape exhorte dans ce message tous les fidèles à s’engager activement dans l’évangélisation par le témoignage de vie, la prière, les sacrifices et la générosité.
Il nous rappelle que l’espérance éclaire notre marche et résume l’essence même de la mission chrétienne : porter dans le monde un message qui ouvre l’avenir, qui relève l’homme, qui transforme les blessures en chemins de vie.
« L’espérance n’est pas une simple disposition psychologique ou une illusion consolatrice. Elle est une force qui vient de Dieu, une certitude enracinée dans la résurrection du Christ. Dans un monde marqué par l’incertitude, la division, la guerre et les injustices, la mission chrétienne se présente comme une grande respiration : l’annonce d’un Dieu qui ne se lasse pas de l’humanité et ouvre toujours un horizon de vie nouvelle. »
Au centre de notre espérance se trouve le Christ. L’Écriture nous rappelle que « Jésus Christ est le même, hier, aujourd’hui et à jamais. » (He 13, 8)
Mais si Jésus reste le même, la manière dont l’Église vit et exprime sa mission a évolué au cours des siècles. La mission d’hier et celle d’aujourd’hui résonnent de la même fidélité au Christ, mais elles empruntent des chemins différents selon les contextes culturels, sociaux et historiques.
La mission cependant, bien que l’approche ait connu durant les siècles des transformations, garde son élan fondamental : annoncer le Christ qui est le chemin, la vérité et la vie.
Bien des missionnaires ont payé de leur vie leur zèle pour l’évangélisation, mais cette évangélisation ne prenait pas toujours en compte les cultures locales.
Aujourd’hui la mission est perçue comme une rencontre avec la personne de Jésus à travers les cultures locales.
La mission d’aujourd’hui est une recherche pour aider les populations à découvrir le Christ dans leur propre culture. Elle doit se vivre maintenant comme un chemin d’écoute et comme une rencontre avec l’Evangile, source d’espérance.
La mission d’espérance prend corps et chair dans des gestes concrets par la fondation de dispensaires ou des écoles dans des lieux reculés, des régions de conflit. Une école ouverte à des enfants défavorisés est déjà un horizon d’espérance.
L’espérance chrétienne se fonde dans l’événement pascal : Jésus crucifié est ressuscité, il a vaincu la mort. Voilà le cœur de notre foi, et voilà ce qui donne sens à toute mission.
Le pape Léon XIV nous rappelle que nous sommes « missionnaires de l’espérance parmi les peuples ».
« Le Christ est notre espérance, il est vivant ! Allez, de toutes les nations faites des disciples. » (Mt 28, 19)
Antoine-Pierre NAKAD cm





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