Actualités

Jubilé de cent ans d'âge et 70 ans de vocation6 août 2025

Le 2 août 2025, beaucoup les Sœurs se sont rassemblées autour de nos trois Sœurs jubilaires à Bhannés : Joseph BITAR (100 ans), Hélène MOUNZER (100 ans) et Marie TRANTIK (70 ans de vocation). 4 de nos Pères Lazaristes ont concélébré la Messe avec notre Père Directeur, Antoine-Pierre NAKAD et un Père Antonin de la famille de Sr Hélène. Des Agapes Fraternelles auxquelles ont participé 120 personnes (Sœurs et parents des jubilaires) ont suivi la Messe.


Homélies

Jésus apprend de ses disciples la mort de Jean le Baptiste. Un homme qu’il connaissait bien et qu’il considérait comme prophète. J’imagine sa douleur et pourtant Il cherche à réconforter ses amis dont certains étaient disciples de Jean avant de se tourner vers lui. Il les encourage en leur parlant de la grandeur de cet homme qui a consacré sa vie pour la vérité, cette vérité qui libère et qui ne se négocie pas.
Par l'exemple de sa propre vie, Jean cherche à montrer que l'amour véritable nous pousse à aller vers l’autre et à dire le vrai quelles que soient les difficultés. Cet amour prend sa source en Dieu et Jésus est cet amour incarné. Il en paiera de sa propre vie le prix.
Si nous célébrons aujourd’hui cette eucharistie, c’est justement pour glorifier cet amour de Jésus et pour Jésus. Des personnes consacrent leur vie entière à chercher à vivre cet amour. Trois Filles de la Charité de cette province en sont un exemple vivant. Deux de ces Sœurs, Sœur Joseph et Sœur Hélène, célèbrent leur centième anniversaire. Deux centenaires en même temps dans une province petite en effectifs est chose rare et il est bon de le souligner ; quant à la troisième, Sœur Marie, elle célèbre ses 70 ans de vie consacrée.
Que dire en pareille circonstance sinon rendre grâce au Seigneur pour tout le service que ces Sœurs ont, tout au long de leur vie, cherché à assurer dans l’anonymat le plus total. Elles n’ont reçu ni médailles du mérite ni grands titres dans les médias. Dans le cœur de chacune d’elles, Dieu a semé sa graine d’amour qui a poussé et a permis qu’elles passeront leur vie, dans des conditions pas toujours agréables, à le servir dans les offices qui leur avaient été assignés.
Mes Soeurs,
Je connais un peu votre parcours et je ne cache pas mon admiration pour ce que vous êtes et avez été.
Soeur Marie, comment oublier cette toute jeune Sœur Catherine en cornette qui racontait aux tout petits la vie de Saint Dominique Savio, sainte Catherine Labouré, Sainte Maria Goretti ou Saint Jean de Dieu ? Comment ne pas prendre exemple sur votre humilité quand on vous retrouve, atteinte par les limites que l’âge impose, toute heureuse de préparer la messe, d’aider à la buanderie ou de prier le chapelet avec cette dévotion particulière qui n’appartient qu’aux cœurs tournés vers Dieu ?
Sœur Hélène, Hasroun est encore là qui espère votre retour. Que d’enfants ont été suivis par vous malgré le froid et la neige l’hiver, et malgré cette vie presqu’en ermite toute la semaine durant. Je vous revois arrivant en fin de semaine à Dar En Nour, les os fatigués et pourtant avec ce sourire aux lèvres et cette simplicité dans vos rapports avec les autres membres de la communauté que je trouvais admirables. Vous avez pendant de longues années été l’ange gardien de cette petite école de montagne mais qui a donné à la double famille de Saint Vincent de belles vocations. L’exemple de vie n’est-il pas le meilleur témoignage de la consécration au Seigneur ?
Une chanteuse française chante que « nous sommes tous morts à vingt ans ». Votre présence ici aujourd’hui la contredit et semble lui répliquer : « Nous sommes toujours jeunes à cent ans ». On meurt dès que l’espérance se dilue et l’âge n’y est pour rien. Cent ans, c’est peut-être enfin pour apprendre à vivre, à accepter l’humiliation dans un esprit de foi de se laisser servir quand toute sa vie durant on a servi.
Sœur Joseph, cent ans, comme vous le dites, c’est un début et pourquoi pas 150 ans surtout que « le Bon Dieu est généreux et que s’il veut que j’aille plus loin encore, me disiez-vous, je ne dirai pas non. » Vous avez servi dans plusieurs Maisons mais votre cœur est toujours en Iran dont vous parlez la langue et que vous défendez contre vents et marées. Je sais combien il vous est difficile d’avoir à dépendre des autres, mais c’est notre lot à nous tous si le Seigneur nous permet de dépasser un certain âge. Les années pèsent et usent les os mais votre esprit joyeux, curieux de tout, est toujours d’une vivacité surprenante. Rendons-en grâce au Seigneur.
Je comprends vos plaintes parfois, mes Sœurs, quand vous dites que la communauté n’est plus ce qu’elle était. Mais le monde n’est plus ce qu’il était. Les années ont modifié bien des choses et il devient de plus en plus difficile de s’engager alors que le monde dispose d’atouts ensorceleurs. Il n’est plus le temps des communautés nombreuses et c’est malheureux, mais n’est-ce pas là un signe du Seigneur pour nous obliger à nous remettre en question et chercher à trouver des formes novatrices pour créer un appel d’air à de nouvelles vocations ?
En 1830 la Compagnie passait par de grosses difficultés puis il y a eu Sainte Catherine Labouré et les apparitions de la rue du Bac qui ont permis un nouveau départ. A la fin du 19ème siècle la Compagnie comptait autour de 10 000 Sœurs et pourtant elle a osé se lancer dans de nouvelles missions à travers le monde et auprès des plus pauvres et nous savons comment le Seigneur lui a envoyé des vocations par centaines en signe de bénédiction.
Prions Marguerite Naseau dont la cause en vue de la béatification sera portée auprès du Saint Siège. Une jeune paysanne qu’on avait presque oubliée et dont le nom bien des siècles plus tard resurgit comme par miracle et il resurgit non pas par la Compagnie mais par l’Eglise de France. Prions-la donc et demandons-lui d’œuvrer pour des vocations aussi disponibles et aussi généreuses que celle dont elle a fait preuve.

Antoine Pierre NAKAD cm

Bhannès le 2 août 2025




أخواتي الأحبّاء،
نحن اليوم أمام لحظة نادرة، لحظة مليانة نعمة… لحظة فيها الله يمرّ بيننا بهدوء، لكن بقوّة.

اليوم نحتفل مع أختين وصلوا إلى 100 سنة من الحياة…
ومع أختنا الثانية التي تحتفل بـسبعين سنة من الرهبنة والأمانة للدعوة.

مش أرقام… لا.
هيدي سنين مليانة صلاة، دموع، أفراح، تعب، انتصارات داخلية، نِعَم خفيّة… و”نعم” يوميّة صغيرة لله.
شو بدنا نقول قدّام هيك مناسبة؟
قدّام راهبات عاشوا للرب، ومشوا معه كل يوم، بكل الطقوس، بكل الفصول، بكل الظروف.

كيف مشيوا؟ شو سرّهن؟
يمكن منسأل حالنا:
كيف قدرتوا تمشوا هالمشوار الطويل؟
شو عطاكم القوّة؟
شو خلّى قلبكن يضلّ دافي، وإيمانكن ما يبرد؟

الجواب بسيط…
الله كان حاضر. وكان أمين.
وهنّي… قالوا: “أنا معك يا رب، كل يوم، حتى لو في تعب، حتى لو في ملل، حتى لو ما حدا شايف، حتى لو ما في تصفيق.”

هنّي عرفوا إنو الحياة مع الله مش دايمًا سهلة، بس دايمًا فيها معنى، فيها فرح داخلي، فيها سلام ما بينوصف.

نحكي شوية حقيقة

ما حدا بيوصل لـ70 سنة رهبنة… أو 100 سنة حياة، بلا ما يكون تعب، مرض، خسارات، أيام ما فيها شي، أيام مليانة، أيام فيها ألم.

بس هني ما وقفوا.
ما انسحبوا.
ما قالوا: “شبعت”، أو “كفّى لهون”.
ضلّوا. صلّوا. خدموا. وخصوصًا: حبّوا.

وهيك، حياتهم صارت إنجيل حيّ. مش بالحكي، بالحياة اليومية البسيطة: بالصلاة، بتحضير الطاولة، بغسيل الصحون، بإسكات الغضب، بتمسكة بإيمان بسيط… لكن قوي.

شو عم بيقولولنا اليوم؟
اليوم عم يوجّهوا لنا رسالة بدون ما يحكوا:
بيقولوا لنا:

“ما تِخافي من العمر الطويل، الله بيمشي معك.”
“ما تِخافي من التعب، الله رح يعطيك قوّة.”
“ما تتركي دعوتك، لأن الربّ ما رح يتركك.”

في زمن العالم فيه عم يقول: “عيشوا الراحة، فكّروا بحالكم، لا تلتزموا”…
هني عم يقولوا:
“الفرح الحقيقي بيجي لما تعيش للرب، مش لحالك.”
في راهبات أصغر بيناتنا اليوم، يمكن في بنت بعدا عم تسأل الرب: شو بدك مني؟

هالاحتفال بيقلّك:
الدعوة بتستمر… والحبّ ما بينشف، بالعكس بينضج.
الدعوة مش شعور بيوم من الأيام، هي اختيار عم يتجدد كل صباح.
وكل سنة عم تمرّ، مش عم تاخد من الراهبة، عم تعطيها عمق، سلام، واتحاد بالرب.

كلمة من القلب
إذا منقدر نختصر حياة هالأختين بكلمة، بنقول:
“كنّ أمينات، والله كان أمين أكثر.”
ما تخلّى عنن. وما خفّف نعمته عنن.
وكل تعب بذرو، صار فرح أبدي.

نختم بالصلاة
يا رب،
نشكرَك على أمانتك بهالحياة الطويلة.
نشكرَك على دعوتك يلي ما بتخيب.
بارك هالراهبات ،
وخلي حياتهن تضلّ نور وسند لكل وحدة بيناتنا.
باركنا نحنا كمان، لنبقى أمَناء،
نحبّك مش بس بالبدايات،
لكن نوصَل معك للنهاية، حاملين المصباح مضوي، مثل العذارى الحكيمات.
آمين


P. Léba Assaf




NB : Pour consulter le reste de l'album, cliquez sur une photo